L'acai est généralement résumé à un fruit tropical qui vient de loin. Par principe, il est jugé polluant car il parcourt de nombreux kilomètres depuis l'Amazonie. Pourtant, ces préjugés ne reposent pas sur des données concrètes.
Pour dépasser les idées reçues, nous avons choisi de s'appuyer sur une Analyse de Cycle de Vie (ACV) complète et transparente, réalisée sur notre purée d'acai.
Dans cet article, nous nous concentrons volontairement sur notre purée d’acai bio et équitable Terraçaí by Nossa!, conditionnée en sachets de 4 × 100 g et disponible en magasins bio. C’est ce produit, tel qu’il arrive en rayon, qui est analysé ici.
Notre démarche est aussi née d’un constat très concret. En France, nous sommes régulièrement confrontés à des discours très forts autour du localisme. Une approche que nous soutenons pleinement, tant elle est essentielle pour la transition alimentaire.
Face à ces prises de position, une question revenait sans cesse : quel est l’impact réel de notre purée d’acai ? Surtout avec des chiffres à l’appui. Ainsi, plutôt que de répondre par des convictions, nous avons choisi de répondre par des données mesurées.
Qu’est-ce qu’une Analyse de Cycle de Vie (ACV) ?
Une Analyse de Cycle de Vie est une méthode scientifique normalisée qui permet d’évaluer les impacts environnementaux d’un produit sur l’ensemble de son cycle de vie.
Contrairement aux approches partielles qui se concentrent uniquement sur l’origine ou le transport, l’ACV adopte une vision globale du produit examiné. Notre ACV étudie :
- La production de la matière première,
- Les étapes de transformation,
- Les transports successifs,
- Le stockage,
- Les emballages,
- La fin de vie des produits.
L’objectif est clair : permettre des comparaisons fiables entre produits, sur des bases méthodologiques solides.
En France, l’ADEME, l'agence de la transition écologique est laréférence en matière d’ACV. Elle fournit des bases de données, des méthodologies et des cadres d’interprétation reconnus, utilisés par les acteurs publics comme privés. Notre ACV a notamment été réalisée avec leur soutien.
L'ACV de la purée d'acai
L’ACV de Nossa! a été réalisée volontairement, en dehors de toute obligation réglementaire. Elle a été confiée à l’agence ODDS, cabinet indépendant spécialisé dans les analyses environnementales.
Les résultats sont considérés comme valides sur une période de deux ans, les conditions de production et de logistique étant stables.
Même si l’ACV couvre plusieurs références Nossa!, nous vous expliquons ici que les données qui concernent notre purée d'acai bio et équitable Terraçaí by Nossa!.
Nos autres références analysées dans notre ACV sont des données que nous utilisons en interne pour améliorer l'impact écologique de certains de nos produits.
Le périmètre étudié pour notre purée d’acai

Pour notre purée d'acai bio et équitable, l’ACV couvre l’ensemble des étapes suivantes :
- cueillette en agroforesterie de l'acai au Brésil,
- transport fluvial et routier jusqu’à l’usine de transformation,
- transformation en purée et surgélation,
- conditionnement en sachets de 4 × 100 g,
- transport frigorifique jusqu’au port,
- transport maritime jusqu’au Havre,
- stockage frigorifique,
- distribution vers les plateformes logistiques bio,
- fin de vie des emballages.
Certaines étapes sont volontairement exclues, comme le transport entre le magasin et le domicile ou la préparation chez le consommateur, afin de rester cohérent avec les standards ACV du secteur alimentaire.
La cueillette en agroforesterie est considérée comme neutre en carbone. Aucun engrais, aucune irrigation, aucune déforestation. Les palmiers poussent dans des écosystèmes naturels en Amazonie.
L’empreinte carbone de notre purée d'acai

L’empreinte carbone de notre purée d'acai est de 0,76 kg de CO₂ par kilo de purée d’acai.
Ce chiffre inclut toutes les étapes couvertes par l’ACV. Il s'agit d’un résultat mesuré, fondé sur des données réelles.
L’ACV permet d’identifier précisément les postes d’émissions :
- 0 % agriculture : 0 kg CO₂e
Récolte en forêt, cueilli à la main, sans machines et sans pesticides. - 30 % transformation : 0,22 kg CO₂e
Pulpage, pasteurisation, surgélation. - 55 % transport : 0,41 kg CO₂e
Transport maritime majoritaire par conteneurs frigorifiques. - 10 % emballage + 5 % fin de vie : 0,12 kg CO₂e
Sachets plastiques et cartons, avec prise en compte des filières de traitement.
Afin de mieux interpréter et comprendre ce résultat, il est aussi essentiel de le mettre en perspective avec d'autres aliments.
Acai vs fruits tropicaux

Lorsqu’on compare l’acai à d’autres produits tropicaux couramment consommés en Europe, le contraste est frappant.
Cette comparaison répond aussi à une interrogation plus large : pourquoi de nombreux produits dits tropicaux sont-ils aujourd’hui largement intégrés dans les habitudes alimentaires françaises, alors que l’acai continue de susciter des réserves liées uniquement à son origine géographique ?
Café, cacao, banane ou avocat font partie du quotidien, malgré des impacts carbone parfois très élevés. L’ACV permet ici de replacer l’acai Nossa! dans ce paysage, sur la base de données comparables.
Avec 0,76 kg CO₂e, l’acai se situe en dessous de la banane, du kiwi importé, de l'avocat et sans aucun doute du café et du cacao.
Ces écarts s’expliquent par plusieurs facteurs : la phase agricole souvent intense, les intrants chimiques, les rendements des aliments, et surtout le degré de transformation de certains produits.
Acai vs fruits locaux

L’argument du produit local est fréquemment utilisé comme raccourci environnemental. Pourtant, notre ACV montre que certains fruits locaux peuvent afficher une empreinte carbone supérieure à celle de l’acai.
Ces comparaisons n’ont pas vocation à opposer les productions. Elles servent avant tout à donner un ordre de grandeur, en s’appuyant sur des fruits bien connus des consommateurs français.
En aucun cas il ne s’agit de porter un jugement négatif sur les fruits locaux : leur impact carbone reste globalement bas, et très inférieur à celui de nombreux autres ingrédients de notre alimentation.
La myrtille, la framboise ou l’abricot présentent des impacts plus élevés, en raison de :
- rendements agricoles faibles,
- besoins en intrants,
- forte périssabilité,
- chaîne du froid complexe.
La distance n’est qu’un facteur parmi d’autres. Le mode de production pèse généralement davantage que le nombre de kilomètres parcourus.
Ce que révèle vraiment l’ACV de la purée d'acai
L’Analyse de Cycle de Vie ne se limite pas à un chiffre final. Elle permet de lire, comprendre et interpréter les mécanismes réels qui structurent l’impact environnemental d’un produit. Dans le cas de notre purée d’acai, plusieurs enseignements majeurs émergent.
Le mode de production est déterminant
Premier enseignement clé : l’absence totale d’agriculture intensive change radicalement la donne. La cueillette sauvage de l’acai, sans engrais, sans irrigation, sans pesticides et sans déforestation, explique pourquoi la phase agricole est considérée comme neutre dans l’ACV.
À titre de comparaison, pour de nombreux produits alimentaires, l'agriculture représente la majorité de l’impact carbone.
Par exemple, pour le poulet cru, 81 % des émissions proviennent de la phase agricole, pour une empreinte totale d’environ 4,56 kg CO₂e par kilo. Cette comparaison permet de mieux situer tous les fruits, dont l’impact reste globalement faible à l’échelle du système alimentaire.
Le transport n’est pas systématiquement le facteur principal
L’ACV met également en évidence un point souvent contre-intuitif : le transport longue distance n’est pas automatiquement synonyme d’impact élevé. Dans le cas de l’acai Nossa!, le transport représente la part la plus importante des émissions, mais il reste maîtrisé grâce à :
- un transport maritime majoritaire, parmi les modes les moins émetteurs par kilo transporté,
- une logistique optimisée en chaîne du froid,
- l’absence d’allers-retours ou de transformations intermédiaires.
Ce résultat permet de dépasser une lecture simpliste basée uniquement sur le nombre de kilomètres parcourus.
La transformation et l’emballage pèsent moins que ce que l’on imagine
Autre enseignement important : la transformation et l’emballage, perçus comme très impactants, restent secondaires dans le bilan global. Dans le cas de notre purée d'acai bio et équitable, ces étapes sont limitées à l’essentiel : dépulpage, surgélation, conditionnement simple.
Moins d’étapes, moins de matières, moins de pertes : cette sobriété industrielle se reflète directement dans les résultats de l’ACV.
Une lecture globale de nos données
Enfin, l’ACV rappelle une chose évidente oubliée : aucun produit alimentaire ne peut être évalué sur un seul critère. Opposer produits locaux et produits importés, sans analyse complète, conduit à des conclusions biaisées.
L’intérêt de cette démarche est précisément de replacer chaque produit dans un système alimentaire global, en tenant compte de l’ensemble de ses impacts, et non d’un seul paramètre visible.
Cette étude a permis de confirmer notre hypothèse de départ selon laquelle un modèle d'agriculture vertueux permet de compenser les émissions carbone du transport.
Cette expérience a également attiré notre attention sur certains aspects de nos produits que nous devons améliorer. Nous nous fixons l'objectif d'adapter nos formats produits au moins polluant et accélérons nos actions d'impact écologique en Amazonie auprès des communautés de cueilleurs.
Il nous faut rappeler que cette ACV est uniquement valable pour notre filière et ne s'applique en aucun cas à d'autres marques sur le marché de l'acai.
Pour aller plus loin que cet article, vous pouvez retrouver l'analyse de cycle de vie de la purée d'acai à la consultation.